"Tu m'as envoyé ce message parce que tu avais besoin de parler à quelqu'un, tu avais besoin de t'assurer que tu n'es pas telle que toi-même et les autres te voient en ce moment.Le collège est un monde hypocrite et dur à supporter. Surtout parmi les filles ! Ah que de jugement qu'on se porte les uns aux autres, selon les habits de l'une et la popularité de l'autre... Toutes ces engueulades, c'est pas bon pour le moral, qui en prend un gros coup.Quand ces engueulades deviennent sérieuses et que tu finis par jeter une personne que tu pensais digne de confiance (Elodie par ex), là, les choses se corsent.Dans ces moments difficiles, les collégiennes réagissent différemment.
Tandis que l'une va s'effacer et tomber dans un mutisme qui lui vaudra plein de rumeurs désagréables, l'autre va faire de son mieux pour se distinguer et se faire remarquer, afin de devenir "populaire à la collégienne" (et malheureuse, mais à ce moment là elle ne le sait pas), jusqu'à se créer une carapace non pas basée sur un visage renfermé mais un visage souriant, trop souriant, des habits qui plaisent aux" populaires collégiennes", et un caractère de salope.
Le premier cas, c'est moi.
Le deuxième, c'est toi.
Mais, au fond, les causes sont les mêmes et les conséquences qui viennent ne diffèrent pas. On perd ses amies, on devient malheureuse, on ne sais pas quoi faire.
Gabi, t'es pas une salope.
Et tu sais pourquoi ca a bugué entre nous à un moment donné ?
Parce que t'as commencé à forger ta carapace. T'as commencé à trop sourire, à trop faire attention à tous tes gestes, tes paroles.
Et moi, je te dit que je sais que tu n'es pas une salope parce que je suis une des rares qui connaît la vraie, l'authentique Gabrielle.
Notre amitié est basée sur des faits authentiques, sur des liens d'enfance, c'est ce qui la rend différente. Notre amitié avant notre engueulade était trop superficielle à la surface. On rigolait, mais on ne faisait que ca. Et ce qui aujourd'hui balaye tout mes doutes, c’est ce message où tu te confie à moi. Enfin on se parle. Enfin on se fait totalement confiance.
On avait besoin de cette engueulade pour nous remettre les idées en place !
C’est un âge où on changent toutes dans notre tête, et pas que physiquement, et des moments, on arrive pas à se reconnaître. C’est à ces moments là qu’on a plus besoin de parler à quelqu’un. Toi, volontairement ou pas, tu m’as choisie. Parce que tu sais au fond de toi que je suis la mieux placée pour t’expliquer. C’est pas la distance, morale et autre, qui nous a séparé. C’est le changement. Seulement tu vois, ce changement, il renoue toujours les liens forts.
Notre petite devise qui à l’époque n’avait pas vraiment de sens, juste un délire d’adolescente, prend aujourd’hui une tout autre importance. Les « je t’aime » qu’on se disait à tout bout de champs, c’était pathétique. Parce nos sentiments ne sont pas faits pour être expliqués et dits. Il faut les comprendre par soi-même.
« Loin des yeux mais jamais loin du cœur. »
Avant, quand je la lisais, notre petite devise, je souriait. Aujourd’hui, je ne sourit pas avec mon visage, mais avec mon cœur.
Gabi, on a pas besoin de se voir, de se téléphoner, de s’écrire pour se comprendre. Parce qu’on est comme des sœurs jumelles. Tu es ma plus chère amie d’enfance. Je te comprends. Je suis là pour toi comme tu es là pour moi. C’est écrit.
Ta Laure
PS :Comme ce message est très très long, je te l’envoie par mail, c’est plus commode
«Tu roules à deux à l’heure là, tu roules comme un Jean-Jacques !
Mais monsieur Coco... il y a des flashs !
… Et bah sourit ! »
« 600 000 euros ? Pour une poire et une banane ?
Heureusement qu’il a pas peint une salade de fruits ! » "